Poussière et harmattan à Matam
Prévision · mise à jour à 15 h 35
La région de Matam affiche un indice de poussière 1, soit un niveau faible, avec 18 µg/m³ de particules en suspension. Le point sur l'épisode en cours.
jeudi 3 septembre · Matam · aujourd’hui
1/5
Poussière faible
PM10 18 µg/m³ · PM2,5 7 µg/m³ · épaisseur optique 0,31
Indice poussière
échelle sur 5PM10 en µg/m³ · indice sur cinq niveaux
Les cinq prochains jours
PM10 maximal- Auj.1faible19 µg/m³
- Ven 43élevée131 µg/m³
- Sam 52modérée98 µg/m³
- Dim 62modérée69 µg/m³
- Lun 72modérée108 µg/m³
Heure par heure
| Jour | 0 h | 1 h | 2 h | 3 h | 4 h | 5 h | 6 h | 7 h | 8 h | 9 h | 10 h | 11 h | 12 h | 13 h | 14 h | 15 h | 16 h | 17 h | 18 h | 19 h | 20 h | 21 h | 22 h | 23 h |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Mer 2 | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | — | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |
| Jeu 3 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |
| Ven 4 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 3 | 3 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 |
| Sam 5 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 1 | 1 |
| Dim 6 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |
Que faire
- Aucune précaution particulière aujourd'hui.
Mis à jour (15 h 35) · Mentions légales
En résumé
À Matam, l’indice poussière est de 1 sur 5 (faible), avec 18 µg/m³ de PM10. Les prochains jours se chargent : indice 3 vendredi 4 septembre. Aucune précaution particulière pour les personnes en bonne santé.
Mis à jour (15 h 35) · Mentions légales
Un phénomène qui dépasse la région
La poussière qui blanchit le ciel de Matam n’est pas produite sur place. Elle vient de très loin.
Dans les zones sèches du Sahara et du Sahel, le vent arrache aux sols nus des particules extrêmement fines. Elles montent, se répartissent en altitude, puis voyagent en nappe au-dessus de l’Afrique de l’Ouest avant de partir vers l’Atlantique.
Le Sénégal se trouve sur ce chemin. Aucune décision locale n’y change quoi que ce soit. En revanche, savoir quand la nappe passe permet de s’organiser, et c’est tout l’intérêt d’un suivi régional.
Trois façons d’arriver
La poussière ne se manifeste pas toujours de la même manière, et la différence compte.
Le premier cas est l’harmattan installé. Ce vent continental, sec, venu du nord-est, souffle des jours entiers entre novembre et mars. Il assèche les lèvres et la gorge, ternit la lumière et dépose une fine couche sur les meubles.
Le deuxième cas est la brume sèche persistante. Le vent est faible au sol, le ciel reste sans nuage, et pourtant l’horizon a disparu. La nappe passe au-dessus de la région sans se signaler autrement que par cette lumière blanche caractéristique.
Le troisième cas est le plus spectaculaire. En début ou en fin d’hivernage, une ligne de grains arrive de l’est et pousse devant elle un mur de poussière. Le jour tombe en quelques minutes, une bourrasque violente balaie tout, puis la pluie arrive et lave l’air.
Pourquoi votre région n’est pas logée à la même enseigne
Le nord et l’est du pays reçoivent l’air continental en premier. Les épisodes y sont plus denses, plus fréquents, plus longs.
Les régions du littoral bénéficient souvent de l’alizé maritime, ce vent de nord à nord-ouest qui ramène de l’air venu de l’océan et repousse la nappe vers l’intérieur. Cette protection n’est pas garantie : lorsque le flux continental l’emporte, la côte est touchée comme le reste.
Les régions du sud, plus humides et plus boisées, connaissent des épisodes plus courts, et leur saison sèche est plus brève.
Ce que la poussière change concrètement
Sur la route, la visibilité peut chuter brutalement. Allumez les feux, ralentissez, laissez de la distance.
À la maison, le dépôt s’insinue partout. Nettoyez à l’eau, jamais au balai sec, qui remet tout en suspension.
Pour la santé, les gorges irritées, les yeux qui piquent et les toux sèches se multiplient pendant les épisodes. Les personnes asthmatiques et les jeunes enfants sont les premiers concernés.
Pour le matériel enfin, tout ce qui filtre ou qui capte souffre : filtres à air des véhicules, ventilateurs, panneaux solaires. Prévoyez un entretien plus fréquent pendant toute la saison sèche.
Matam subit de plein fouet le vent sec venu du désert qui charge l'atmosphère de particules fines pendant de longues semaines. Ce souffle continental balaye le nord-est du Sénégal et réduit fortement la visibilité le long du fleuve. Dans toute la région, la poussière s'infiltre dans les habitations et transforme le ciel en un voile blanc ou jaunâtre. Le phénomène rythme la vie quotidienne des habitants, qui doivent adapter leurs activités extérieures dès que l'horizon s'obscurcit.
Le vent du désert et les brumes de poussière
Durant la période sèche, le vent d'est apporte une brume épaisse qui stagne sur la vallée. Les particules restent en suspension dans l'air pendant plusieurs jours consécutifs, sans aucune goutte d'eau pour nettoyer le sol. De novembre à mai, le ciel reste souvent voilé par cette terre pulvérisée que rien n'arrête.
Le passage des véhicules sur les pistes soulève d'immenses panaches qui s'ajoutent aux particules transportées depuis les confins du Sahara. Entre la ville de Matam et les localités voisines, le paysage prend une teinte ocre uniforme. La visibilité tombe parfois sous quelques centaines de mètres, ce qui complique les déplacements matinaux et fatigue les yeux.
Une sécheresse prolongée et des chaleurs intenses
Le climat très sec de la zone renforce l'impact de la poussière au sol. Il ne tombe que 224,1 mm de pluie par an sur l'ensemble du territoire communal, répartis sur seulement 29,3 jours de pluie. Les sols restent donc nus et friables pendant près de neuf mois, exposés à l'érosion éolienne constante.
En avril et en mai, la chaleur devient écrasante, avec une température maximale moyenne de 41,5 °C relevée au cours du mois de mai. Lorsque ce thermomètre brûlant s'associe à un vent chargé de sable fin, l'atmosphère devient particulièrement lourde pour les voies respiratoires. Les nuits apportent peu de répit avec une minimale moyenne de 27,7 °C au plus fort de cette période sèche.
La rupture de l'hivernage et le lavage de l'atmosphère
L'air ne se dégage véritablement qu'avec l'arrivée des pluies de l'hivernage entre juillet et septembre. Durant cette courte fenêtre humide de trois mois, la pluie atteint 197,6 mm sur les 224,1 mm du total annuel. Le mois d'août s'impose comme le plus pluvieux avec 92,8 mm d'eau enregistrés sur 10,6 jours de pluie.
Ces averses rabattent immédiatement les grains de poussière vers le sol et nettoient la couche d'air. L'herbe reverdit rapidement dans le lit majeur du fleuve et stabilise les surfaces sablonneuses. Dès le mois d'octobre, la pluie se fait rare avec seulement 12,7 mm, avant un arrêt complet en novembre qui ne compte que 0,3 mm d'eau. La terre s'assèche alors très vite et le cycle du vent reprend ses droits.
Circuler entre Matam et Ourossogui sous le vent de sable
Les déplacements le long de la route nationale et sur les axes secondaires demandent une attention redoublée quand la brume s'épaissit. À seulement 9 km de Matam, la commune d'Ourossogui constitue un carrefour routier majeur où les camions et les transports collectifs soulèvent de la terre battue. Plus loin, vers Kanel situé à 20,1 km, les étendues dégagées offrent une prise directe au vent d'est.
Sur ces trajets, la prudence commande d'allumer les feux de croisement en plein jour et de réduire son allure. Les motocyclistes et les piétons s'équipent de foulards pour protéger leur visage et filtrer l'air abrasif. À la maison, calfeutrer les portes et les fenêtres permet de limiter le dépôt continu d'une fine couche de terre sur les meubles et les réserves alimentaires.
Vigilance sanitaire et avis officiels de l'ANACIM
L'ANACIM suit de près le déplacement des masses de poussière sur le pays et publie des bulletins d'alerte dès que la concentration de particules franchit les seuils critiques. Ces messages officiels permettent aux centres de santé et aux familles de prendre les devants.
Les personnes vulnérables, notamment les jeunes enfants, les personnes âgées et les malades souffrant d'asthme, doivent rester à l'intérieur aux heures les plus venteuses. Boire abondamment de l'eau permet d'éviter l'assèchement des muqueuses dans cette région où la moyenne thermique annuelle atteint 30,5 °C. Le port d'un masque reste le moyen le plus simple et efficace pour circuler dehors sans inhaler les poussières minérales.
Météo Matam · Météo Ourossogui · Météo Kanel · Climat de Matam · Bulletin ANACIM
Matam en quelques faits
- Matam s'étend le long du fleuve Sénégal, au cœur du Fouta Toro.
- La ville est à environ 460 km à vol d'oiseau de Dakar.
- C'est une des zones les plus chaudes du pays.
- La crue annuelle du fleuve permet les cultures de décrue.
Matam s’étire le long du fleuve Sénégal, au cœur du Fouta Toro, à environ 460 km à vol d’oiseau de Dakar. Le paysage se lit en deux bandes. La plaine inondable borde le fleuve : elle reçoit l’eau de la crue, puis se cultive quand l’eau se retire. Plus loin commencent les terres hautes et sableuses, domaine du mil et des troupeaux.
Le climat est celui du continent, sans aucune correction marine. D’avril à juin, avant les pluies, la chaleur devient extrême et les nuits ne redescendent presque plus. L’hivernage est court mais violent : les lignes de grains arrivent de l’est, avec un mur de poussière, une bourrasque, puis l’averse. La saison sèche ramène l’harmattan et un ciel souvent laiteux.
Toute l’année agricole dépend du calendrier de l’eau : semis sous la pluie sur les terres hautes, cultures de décrue dans la plaine une fois le fleuve redescendu. Station de référence : Matam / Ouro Sogui.
Questions fréquentes
D'où vient la poussière qui recouvre Matam ?
Du Sahara et du Sahel, où le vent arrache des particules très fines aux sols nus des zones sèches. Ces poussières montent en altitude et voyagent sur des centaines, parfois des milliers de kilomètres. Elles traversent le Sénégal, puis continuent au-dessus de l'Atlantique. Rien de ce qui se passe dans la région n'en est la cause.
À quelle période la région de Matam est-elle la plus exposée ?
L'essentiel des épisodes se concentre de décembre à mars, quand l'harmattan souffle du nord-est et que les sols sont secs. Des poussées restent possibles en avril et jusqu'au début de l'hivernage, souvent liées aux premiers orages. En pleine saison des pluies, l'air redevient limpide.
Qu'est-ce que la brume sèche ?
C'est un ciel laiteux, blanchi, sans le moindre nuage, avec un horizon qui disparaît. La différence avec la brume ordinaire tient à l'humidité : ici l'air est sec, ce sont des particules solides qui voilent la vue. Elle peut durer plusieurs jours sans que le vent se lève au sol.
Toutes les régions du Sénégal sont-elles touchées de la même façon ?
Non. Le nord et l'est reçoivent les masses d'air continentales en premier et subissent les épisodes les plus denses et les plus longs. Le littoral est souvent mieux loti quand l'alizé maritime s'installe et repousse l'air chargé vers l'intérieur. Mais un épisode fort recouvre tout le pays.
Faut-il annuler un trajet routier un jour de forte poussière ?
Pas forcément, mais adaptez-le. La visibilité peut tomber très bas en quelques minutes, surtout au passage d'une bourrasque. Allumez les feux, ralentissez, augmentez les distances et évitez les dépassements. Reportez plutôt les longs trajets de nuit, où la poussière et l'obscurité s'additionnent.
La poussière abîme-t-elle les panneaux solaires ?
Elle ne les abîme pas, mais elle réduit leur production en formant un voile sur le verre. Après un épisode marqué, un simple rinçage à l'eau claire restitue une bonne partie du rendement. Sur les grandes installations de la région, ce nettoyage devient une opération de saison sèche à part entière.
Que faire chez soi pendant un épisode de poussière ?
Fermez les fenêtres exposées au vent, notamment côté nord-est. Nettoyez à l'eau plutôt qu'au balai. Couvrez les réserves d'eau et les aliments. Limitez les jeux dehors pour les enfants et gardez le traitement à portée de main si quelqu'un est asthmatique à la maison.
Quel est l’indice poussière à Matam aujourd’hui ?
1 sur 5 (faible), soit 18 µg/m³ de PM10.