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Suivi des crues du fleuve Sénégal à Matam

Relevé du lundi 31 août

La station de Matam relève 5,02 m, avec une tendance hausse. Le seuil d'alerte fixé ici est de 8,0 m.

Niveau 5,02m +0,07 m en 24 h
Seuil d’alerte 8,0m 63 % atteint
Tendance hausse niveau vert

Niveau normal, sous le seuil d'alerte.

Toutes les stations

Le fleuve
  • Bakel vigilance jaune

    6,03 m · seuil 10,00 m · +66 cm en 24 h · en hausse

  • Matam normal

    5,02 m · seuil 8,00 m · +7 cm en 24 h · en hausse

  • Podor normal

    3,48 m · seuil 5,00 m · en hausse

  • Richard-Toll vigilance jaune

    2,74 m · seuil 3,35 m · stable

  • Saint-Louis normal

    0,90 m · seuil 1,75 m · stable

Relevé du 31 août () · Mentions légales

En résumé

À Matam, le fleuve est à 5,02 m pour un seuil d’alerte à 8,0 m (63 % du seuil), relevé du lundi 31 août. Hausse de 0,07 m en 24 h ; tendance : hausse. Niveau normal, sous le seuil d'alerte. Marge confortable sous le seuil pour l’instant.

Mis à jour (0 h) · Mentions légales

Le fleuve Sénégal ne monte pas comme une averse remplit une rue. Il monte lentement, sur des semaines, et il redescend encore plus lentement. Une cote relevée à Matam raconte donc autre chose qu’un bulletin de pluie. Elle raconte ce qui est tombé loin en amont, il y a plusieurs jours.

Lire un niveau

Le chiffre affiché est une hauteur d’eau, mesurée à une échelle fixe plantée sur la berge. Il donne la distance entre la surface et un zéro de référence, choisi une fois pour toutes à cet endroit précis. Ce zéro n’a rien d’universel. Deux stations voisines n’ont pas le même. Retenez cette conséquence pratique : le chiffre seul ne veut rien dire, c’est son écart au seuil local qui parle.

Le seuil, lui, est fixé par les hydrologues. En dessous, le fleuve reste dans son lit majeur. Au-dessus, l’eau gagne les cuvettes, les jardins de berge, puis les quartiers bas. Franchir un seuil n’annonce pas un désastre. Cela veut dire qu’à partir de maintenant, il faut regarder tous les jours.

La tendance complète le tableau. Elle indique si l’eau monte, se stabilise ou se retire. Un niveau haut qui décroît est un problème qui s’éloigne. Un niveau ordinaire qui grimpe régulièrement est un problème qui approche.

Pourquoi l’eau arrive en retard

Le bassin du fleuve est immense et s’étend bien au-delà des frontières. La crue est nourrie par les pluies du haut bassin, en amont de Bakel. Cette eau ruisselle, se rassemble, puis descend le lit pendant plusieurs jours avant d’atteindre la vallée sénégalaise.

De là vient le décalage : la crue monte d’août à octobre, culmine en général en septembre ou en octobre, puis se retire jusqu’au cœur de la saison sèche. De là vient aussi la hiérarchie des stations. Une même onde de crue traverse le pays d’est en ouest en s’étalant. Le pic passe d’abord à Bakel, ensuite à Matam, plus tard à Podor. Surveiller la station située en amont de la vôtre, c’est voir venir votre propre maximum avec plusieurs jours d’avance.

Ce que la crue laisse derrière elle

La montée des eaux fait peur aux quartiers bas, mais elle fait vivre la vallée. Quand le fleuve se retire, il abandonne des terres imbibées où l’on sème sans irriguer : c’est la culture de décrue, pratiquée depuis toujours dans le walo. Il remplit les mares qui feront boire les troupeaux pendant une partie de la saison sèche. Il régénère les pâturages et les bras morts où se reproduit le poisson.

Une crue faible se paie donc plus tard, en récoltes manquées et en fourrage rare. Une crue forte se paie tout de suite, en champs noyés et en maisons évacuées. Les barrages construits sur le fleuve amortissent une partie des extrêmes, mais ils ne suppriment ni l’un ni l’autre.

Les bons réflexes

Regardez la tendance avant le chiffre. Mesurez ensuite l’écart au seuil. Si vous vivez sur une berge basse, déplacez vos affaires avant l’arrivée de l’eau, jamais pendant. Et gardez une règle simple : la courbe informe, mais les alertes officielles viennent des services hydrologiques et de la protection civile.

À Matam, le fleuve Sénégal dicte le rythme des saisons et façonne toute la vallée. Durant l'hivernage, les pluies qui tombent sur le Fouta et en amont gonflent le lit majeur du cours d'eau. La commune et ses berges surveillent attentivement chaque montée d'eau, car la montée rapide expose les quartiers bas et les périmètres irrigués à des débordements soudains. L'autorité météo nationale, l'ANACIM, émet des alertes régulières pour avertir les riverains et les exploitants agricoles lorsque les seuils critiques se rapprochent.

Le régime du fleuve et le climat sahélien

Le climat local impose des contrastes très marqués au cours de l'année. Les pluies totalisent 224,1 mm par an réparties sur seulement 29,3 jours de pluie. Presque toute l'eau du ciel tombe durant l'hivernage, avec 197,6 mm recueillis de juillet à septembre. Le reste de l'année subit une sécheresse totale où le fleuve voit son débit faiblir sous un soleil ardent. Les températures maximales moyennes atteignent leur sommet en mai avec 41,5 °C avant que les premières averses n'apportent un répit relatif.

Durant cette saison sèche, les plaines d'inondation se transforment en terres de pâturage et de culture maraîchère. Mais dès le mois de juin, qui enregistre ses premières pluies avec 9,5 mm, la région se prépare au retour des eaux. Le sol asséché absorbe d'abord les premières gouttes avant que les averses soutenues ne ruissellent directement vers les bras du fleuve.

La ville voisine de Ourossogui, située à seulement 9 km du lit du fleuve, sert souvent de zone refuge sur le plateau grâce à son altitude plus élevée. Plus au sud, Kanel à 20,1 km partage ces mêmes contraintes fluviales avec ses casiers agricoles fragiles.

La saison critique de crue entre juillet et septembre

La période la plus délicate s'installe au cœur de l'hivernage. Le mois d'août est le plus pluvieux de l'année à Matam avec 92,8 mm d'eau et près de 11 jours d'averses. Les orages se multiplient aussi en amont sur le haut bassin, envoyant d'immenses volumes d'eau vers la vallée moyenne. En septembre, les averses locales apportent encore 62,4 mm d'eau sur un sol désormais totalement saturé.

La crue du fleuve atteint fréquemment sa cote d'alerte à la fin du mois d'août ou durant la première quinzaine de septembre. L'eau déborde alors dans le lit majeur et envahit les dépressions naturelles appelées walo. Les pêcheurs amarrent leurs pirogues plus haut sur la rive tandis que les transporteurs fluviaux redoublent de vigilance face au courant puissant et aux débris végétaux emportés par le flot.

Surveillance des berges et prévention des inondations

Pour protéger les populations de la région de matam, des échelles de mesure graduées sont installées le long des berges. Le niveau est relevé quotidiennement dès le début du mois de juillet afin d'anticiper la propagation des ondes de crue. Quand les repères d'alerte sont franchis, les comités de veille activent les plans de secours pour sécuriser les digues de protection et évacuer le bétail vers les hauteurs.

Les agriculteurs doivent adapter le calendrier de leurs semis de décrue. Si la montée d'eau fertilise les sols avec ses dépôts de limon riche, une crue tardive ou trop brutale détruit les pépinières et noie les cultures de riz. Le suivi rigoureux des préavis hydrologiques permet de sauver les récoltes et de consolider les sacs de sable aux points faibles des digues communautaires.

La baisse des eaux et le retour de la saison sèche

À partir d'octobre, les pluies régressent brusquement avec seulement 12,7 mm d'eau mesurés sur 2,6 jours. Le fleuve commence alors sa décrue progressive, libérant de vastes étendues de terres riches d'humidité. C'est le signal pour les populations de lancer les cultures traditionnelles de décrue dans les cuvettes argileuses.

En novembre, la pluie cesse complètement avec seulement 0,3 mm d'eau, et les températures nocturnes baissent pour descendre à 18,6 °C en janvier, mois le plus frais de l'année. Les bancs de sable réapparaissent au milieu du cours d'eau, ralentissant la navigation mais offrant de nouvelles frayères aux poissons. La vie fluviale retrouve ainsi son calme jusqu'au prochain hivernage.

Matam en quelques faits

  • Matam s'étend le long du fleuve Sénégal, au cœur du Fouta Toro.
  • La ville est à environ 460 km à vol d'oiseau de Dakar.
  • C'est une des zones les plus chaudes du pays.
  • La crue annuelle du fleuve permet les cultures de décrue.

Matam s’étire le long du fleuve Sénégal, au cœur du Fouta Toro, à environ 460 km à vol d’oiseau de Dakar. Le paysage se lit en deux bandes. La plaine inondable borde le fleuve : elle reçoit l’eau de la crue, puis se cultive quand l’eau se retire. Plus loin commencent les terres hautes et sableuses, domaine du mil et des troupeaux.

Le climat est celui du continent, sans aucune correction marine. D’avril à juin, avant les pluies, la chaleur devient extrême et les nuits ne redescendent presque plus. L’hivernage est court mais violent : les lignes de grains arrivent de l’est, avec un mur de poussière, une bourrasque, puis l’averse. La saison sèche ramène l’harmattan et un ciel souvent laiteux.

Toute l’année agricole dépend du calendrier de l’eau : semis sous la pluie sur les terres hautes, cultures de décrue dans la plaine une fois le fleuve redescendu. Station de référence : Matam / Ouro Sogui.

Questions fréquentes

Que mesure exactement le niveau du fleuve ?

Une échelle fixe est plantée sur la berge. Le niveau lu est la distance entre la surface de l'eau et un zéro de référence choisi une fois pour toutes à cet endroit. Ce n'est pas la profondeur du fleuve, et ce n'est pas non plus un débit. Chaque station a son propre zéro, décidé par les hydrologues au moment de son installation.

Peut-on comparer la cote de deux villes du fleuve ?

Non, pas directement. Comme chaque station a son zéro de référence, deux chiffres bruts ne se comparent pas. Ce qui se compare, c'est l'écart de chaque station à son propre seuil, et le sens de la tendance. Une ville peut afficher un chiffre plus fort qu'une autre tout en restant beaucoup plus loin de son seuil d'alerte.

Pourquoi le fleuve monte-t-il alors qu'il ne pleut pas ici ?

Parce que l'eau vient d'ailleurs. L'essentiel de la crue est alimenté par les pluies tombées loin en amont, dans le haut bassin. Cette eau met plusieurs jours à descendre. Le ciel peut donc rester dégagé sur la vallée pendant que la cote grimpe. C'est la règle, pas l'exception.

À quel moment de l'année la crue est-elle la plus forte ?

Elle monte à partir du mois d'août, culmine en général en septembre ou en octobre, puis décroît lentement pendant des semaines. La décrue est toujours plus longue que la montée. Le maximum n'arrive pas le même jour partout : il descend d'amont en aval, de Bakel vers Matam puis vers Podor.

Franchir le seuil d'alerte, est-ce une inondation ?

Pas automatiquement. Le seuil de 8,0 m est un signal de surveillance, pas une catastrophe déclarée. Il indique le niveau à partir duquel l'eau commence à sortir du lit et à gagner les terres basses. Les décisions d'alerte et d'évacuation appartiennent aux services hydrologiques et à la protection civile.

La crue est-elle une mauvaise nouvelle ?

Non. Elle est le calendrier agricole de la vallée. En se retirant, elle laisse des terres gorgées d'eau où l'on sème sans irriguer, remplit les mares qui abreuvent le bétail et régénère les pâturages. Une crue trop faible pose autant de problèmes qu'une crue forte, pour d'autres personnes.

Que regarder en premier sur cette page ?

La tendance hausse, avant le chiffre. Un niveau élevé qui baisse est un niveau qui s'oublie. Un niveau moyen qui monte chaque jour mérite votre attention. Ensuite seulement, mesurez l'écart entre 5,02 m et le seuil de la station.

Comment surveiller la crue fleuve senegal à Matam ?

La crue fleuve senegal se surveille chaque jour grâce aux échelles limnimétriques installées sur les quais de Matam. Les services hydrologiques et l'ANACIM publient des bulletins réguliers sur la vitesse de montée des eaux, particulièrement entre juillet et septembre où 197,6 mm de pluie tombent sur la zone.